Le Projet

Nous proposons un parc naturel régional dont l’intention est la conservation, inspiré d’une vision écotouristique, patrimoniale et culturelle.

SOS Boisés de la Pinède cherche à obtenir un engagement des élus municipaux de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu afin d’inclure les derniers espaces boisés de l’Île Sainte-Thérèse dans son processus de consultation publique 2020 aux fins de bonification de son plan de conservation.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une planification stratégique. La Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu veut se positionner comme une ville où il fait bon vivre. Des projets d’envergure, notamment un pôle touristique et la création d’un centre multiculturel, s’avèrent en adéquation parfaite avec ce projet de parc naturel à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Volet écologique

Le projet de Parc Nature-Boisés de la Pinède est en adéquation avec plusieurs programmes de financement préétablis par les instances gouvernementales, notamment pour la protection des ressources naturelles, de l’environnement, des aires protégées, de la faune, pour la lutte aux changements climatiques, pour le développement durable et pour la biodiversité. En voici quelques exemples:

1.La présence d’un potentiel significatif en matière de biodiversité, dont une superficie non fragmentée répondant au programme des Indicateurs Canadiens de Durabilité de l’Environnement (ICDE);

2.La préservation de milieux humides, en vertu de la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques, fondée sur le principe «aucune perte nette»*;

3.La connectivité favorisant la sauvegarde des habitats fauniques et floristiques, prémisse de la Loi sur les espèces en péril(LEP) ;

4.La proximité à un cours d’eau d’importance, en l’occurrence la rivière du Richelieu, jouxtant un corridor emprunté par les oiseaux migrateurs (Règlement sur les refuges d’oiseaux migrateurs, Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs).

*Les MRC du Québec seront tenues de répertorier les milieux humides sur leur territoire et en soumettre l’inventaire au MDDELCC en juin 2020.

Volet patrimonial et culturel

Le projet de Parc Nature-Boisés de la Pinède repose également sur une vision patrimoniale et culturelle. L’Île Sainte-Thérèse, longeant la rivière Richelieu, est au cœur d’un ensemble de lieux historiques nationaux reconnus et riches en histoire. De fait, les écrits indiquent que l’Île Sainte-Thérèse fût découverte par l’explorateur et géographe Samuel de Champlain lors de ses expéditions sur la rivière aux Iroquois (le Richelieu) en 1609, tel qu’en fait foi ce passage, extrait de son carnet de bord: «(…) nous continuâmes jusqu’à une île (l’île Sainte-Thérèse) remplie des plus beaux pins que j’eusse jamais vu». La pinède longe aussi le Site Historique Nationale du Canal de Chambly, un lieu de Parcs Canada reconnu au pour son importance patrimoniale pour tous les Canadiens et Canadiennes.

En outre, l’héritage patrimonial laissé par Champlain inspire encore à ce jour une multitude de projets combinant l’histoire au tourisme, sources de rayonnement pour notre région, nos municipalités régionales de comté (MRC) et la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Nous reconnaissons aussi que l’île Sainte-Thérèse se retrouve à la confluence des territoires traditionnels non cédés des Abénaquis et Haudenosaunee. Bien que nous ne soyons pas encore en conversation avec ces Premières Nations, nous souhaitons reconnaître que le Parc Nature – Boisés de la Pinède pourrait avoir une importance culturelle pour ces Nations, et pourrait aussi se prêter à devenir un lieu d’échanges, de partage et de rapprochement des peuples.

Synonym: Rana sylvatica

Volet écotouristique.

Le Parc Nature – Boisés de la Pinède est un projet rentable et viable avec des retombées économiques à court et à long terme. Le parc naturel serait un endroit accessible pour s’abriter du soleil, se ressourcer en nature, passer du temps en famille et prendre part à des activités éducatives, récréatives, sportives, patrimoniales et culturelles.

Que ce soit à travers le cyclotourisme, la location de petites embarcations aquatiques, ou même la création d’un << passeport découvert >> qui mettraient en vedette les sites historiques nationaux de Parcs Canada, du Fort Lennox jusqu’au Fort Chambly, en passant par le Fort Sainte-Thérèse, ainsi que le Musée du Haut-Richelieu et des petits commerçants qui se retrouvent dans notre ville, ce projet pourrait avoir un impact positif pour Saint-Jean-Sur-Richelieu et des villes avoisinantes. Nous débordons d’idées!

Les enjeux financiers

Dans tout projet de conservation, les coûts d’acquisition doivent être pris en compte et parfois, cela apporte son lot de défis. En zone urbaine, la valeur au rôle des derniers lots disponibles augmente avec la demande, surtout lorsqu’ils se font rares. Dans la même ligne de pensée, lorsqu’il ne reste que très peu d’espaces verts dans un secteur, cela les rend encore plus précieux.

À l’heure actuelle, il ne reste que 30 hectares non développés sur l’île, dont 20 hectares seraient inclus au projet du parc naturel. Plus précisément, le projet engloberait 21,33 hectares dont 9,10 hectares ont déjà été acquis par la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu. En tout, 12,23 hectares sont encore à acquérir, pour une valeur d’environ 8 millions $ (si l’on se fie aux rôles de taxation issus du site Internet de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu). Un avis de réserve pour les quatre lots de la pinède, lequel est valide pendant deux ans et peut être renouvelé une fois, a été déposé au registre foncier en octobre 2019.

Considérant que la Ville amasse la somme de 3 131 655,16 $ annuellement via une taxe foncière spéciale pour l’environnement (0,0273 $ par 100 $ d’évaluation), et qu’au 27 novembre 2019, elle avait cumulé 4 948 243,60 $, on peut présumer que des fonds disponibles pourraient être provisionnés en vue d’acquérir une partie des 12,23 hectares en question.

Toutefois, conscients des considérations financières impliquées dans le projet de parc naturel, les membres de SOS Boisés de la Pinède ont entrepris des démarches exhaustives afin de compiler toutes les pistes financières disponibles au Québec et au Canada, sources de financement auxquelles les villes peuvent avoir recours pour compléter leurs efforts en ce qui concerne l’ajout d’aires protégées. Le 24 janvier 2020, un fascicule renfermant 24 programmes d’aide financière a été présenté au Service de l’urbanisme, de l’environnement et du développement économique de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu. Précisons que plusieurs pistes pourraient servir autant les intérêts d’autres projets de conservation sur le territoire de la ville que le projet de parc naturel sur l’Île Sainte-Thérèse.

Les capitaux, pour ce projet, pourraient provenir de plusieurs sources, tels qu’illustrés ci-dessous, sous toutes réserves, mais de façon non limitative:

La valeur de nos infrastructures naturelles :

La comptabilité écosystémique du capital naturel est un outil de plus en plus utilisé par les municipalités pour définir les zones prioritaires à la conservation. Cette démarche permettrait d’identifier les indicateurs porteurs pour pousser la réflexion lors de l’évaluation d’un projet comme celui de l’Île Sainte-Thérèse, dont une analyse coûts-avantages.

Compte tenu d’une éventuelle démarche de consultation publique organisée par la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, il nous apparait indispensable d’avoir recours à ce genre d’instrument afin de prendre les meilleures décisions en ayant des faits, des mesures et des données en main.

En outre, c’est cette démarche qui a permis à la Ville de Québec de fixer à 99 millions $ les services publics économisés en matière de prévention des inondations (une donnée pertinente pour une ville comme Saint-Jean-sur-Richelieu) et à 22 millions $ en récréotourisme.

Quels constats retirerait la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu en ce qui concerne le secteur de l’Île Sainte-Thérèse ? Grâce aux infrastructures naturelles, quelle serait la valeur des coûts évités en services publics pour les égouts ? Par exemple, les arbres qu’on y trouve effectuent chaque année pour combien d’amélioration de la qualité de l’air ? En stockage de carbone ? En captation des eaux de ruissellement ? Quels seraient les indicateurs, notamment en matière de prévention des inondations ? Ces économies, à elles seules, viendraient-elles compenser les capitaux investis dans le projet du parc naturel ? Dans un contexte de changements climatiques et de précarité économique, cette approche permet aux municipalités d’avoir les reins financiers assez solides pour continuer à dispenser des services aux citoyens sans pour autant augmenter la charge fiscale des contribuables.

On peut tirer des bénéfices économiques de la nature pour rendre des services aux populations. Les milieux naturels sont considérés comme des actifs positifs dans la comptabilité des villes, au même titre qu’un site contaminé est désormais comptabilisable comme une dette future. Les villes participant à l’Initiative des biens naturels municipaux (MNAI) et qui ont calculé la valeur de leurs milieux naturels réalisent alors que ces derniers rapportent beaucoup plus que s’ils étaient par exemple convertis en centre d’achat, malgré les taxes que cela peut faire rentrer. Heureusement, aujourd’hui, de plus en plus de villes canadiennes ont ajouté une colonne de chiffres dans leur budget pour intégrer les contributions de la nature en ville dans leurs décisions sur l’aménagement du territoire. Certaines vont même jusqu’à investir dans les infrastructures naturelles pour stimuler les services rendus par celles-ci. Un peu comme le principe d’intérêts sur placements (Source : Fondation Suzuki).